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Premiers, deuxièmes ou troisièmes films se réunissent sous la bannière de cette compétition internationale relevée et soucieuse de se démarquer en proposant des visions fortes, parfois troublantes, à coup sûr remuantes. Elles ont été débusquées par soumissions ou dans des manifestations prestigieuses, à Cannes, Rotterdam, Pusan, Berlin, Venise, Sundance, San Sebastian, New York, Karlovy Vary, Buenos Aires... jusqu'à Durban, en Afrique du Sud ! Cette année, des productions de la Roumanie, de l’Australie, des États-Unis, de la France, de la Croatie, du Mexique, du Tchad, de l’Iran, de la Norvège, de la Belgique, de l’Allemagne, de l’Angleterre et d'ailleurs convoitent les charmes de la Louve d'or.
Qui dans cette tour de Babel saura charmer nos jurés experts ?

Une programmation rigoureuse se doit de cueillir dans chaque pays les meilleurs fruits pour produire un cocktail planétaire aussi éclectique que coloré. Cette année, le Panorama international se révèle savoureux : acides (Dans la peau de Jacques Chirac, Les particules élémentaires), sucrés (Bosta, thérapie festive et succès numéro 1 au Liban), salés et sexy (Shortbus, le deuxième film de John Cameron Mitchell, réalisateur culte de Hedwig and the Angry Inch) ou amers (Rwanda : à travers nous, l’Humanité… ), les films constituant ce panorama ont, pour la plupart, déjà séduit dans leur pays d’origine et ne demandent qu’à être savourés par le public québécois. Tous les goûts sont dans la nature. Les meilleurs sont ici.

Le vent tourne. Avec l'avènement du numérique et les décisions de tourner dans l'urgence, le paysage du cinéma québécois et canadien se diversifie et offre des chemins de traverse qui voyagent aux côtés de propositions plus classiques et populaires. C'est avec grande fierté que le FNC marie ces deux mondes et accueille le meilleur de la production récente. Qu'il soit délinquant (Punk le vote), poétique (Sur la trace d'Igor Rizzi), frigorifique (Snow), mélancolique (Dans les villes), carnivore (Chez Schwartz), expérimental (Fascination) ou fauché (Les cavaliers de la canette), notre vaste « entre-deux-océans » sait faire avec originalité, vision et conviction.

Elles ont rayonné dans d'autres grandes manifestations cinématographiques. Elles auront droit à une sortie commerciale montréalaise dans les mois à venir, et sont signées par des auteurs réputés et chevronnés. Les œuvres choisies pour ces présentations spéciales promettent des visions personnelles soucieuses de livrer des nouvelles de notre monde, voire de leurs mondes. Les cinéastes sont connus (de Oliveira, von Trier, Egoyan, Costa, Lounguine, Ruiz, Tsaï Ming Liang, Kaurismaki, Gitai, Loach, Almodóvar, Gatlif) ou demandent à être découverts. Le 35e FNC persiste à offrir à ces univers le plus idéal des espaces de diffusion et le plus curieux des publics.

Le cinéma s’éclate (au sens propre comme au figuré !). Ludique, incisif, commercial, avant-gardiste, jouissif et débridé, privilégiant surprises et découvertes pour un vrai plaisir de spectateur, loin du train-train habituel d’un cinéma d’auteur de plus en plus « packagé » et prévisible, TEMPS Ø est un panorama éclectique de films qui échappent à la classification. C’est là que se retrouvent maîtres et grands noms du cinéma, Satoshi Kon, Mamoru Oshii, Michele Soavi et Gus Van Sant (par association). C’est là que seront découverts deux nouveaux cinéastes québécois très différents des autres (ça fait du bien parfois, non ?). C’est là que le film-choc japonais (The Whispering of the Gods) côtoiera le film événement d’Europe de l’Est (Taxidermia). C’est là que des Nippones rockeuses en jupette (Linda Linda Linda) fricoteront avec des gangsters psychotiques italiens (Arrivederci Amore, Ciao), que Cam Archer (Wild Tigers I Have Know), nouvelle superstar de l’indie US, confrontera l’absurdité hilare d’une nouvelle vague française (Avida), le tout non loin d’une rencontre au sommet entre deux icônes féminines, Chlöe Sevigny et Lou Doillon, pour un remake très attendu du Sisters de Brian DePalma. Et ceci n’est qu’un petit aperçu des festivités. Puisque la plupart de ces films sont des premières (mondiales, nord-américaines, canadiennes) et que vous serez donc les premiers à les découvrir, on attache maintenant bien sa tuque pour une balade que l’on vous promet joyeusement rock’n’roll… Julien Fonfrède.

Aux côtés de sa Sélection internationale en long métrage, en lice pour la Louve d'or, le Festival inaugure une compétition officielle pour les courts métrages de cinéastes émergents. Vingt-deux œuvres d'auteurs en provenance de dix pays, réparties dans trois programmes, sont éligibles.

En présentations spéciales, six programmes où les maîtres du court métrage se retrouvent. Miranda Pennell (You Made Me Love You) côtoie Regina Pessoa (Histoire tragique avec fin heureuse), gagnante au Festival d'Annecy, ou Deco Dawson (Elizabeth Short). Eugene Green (Les signes) et Michel Lemieux (Les yeux de ma mère) explorent eux aussi la forme courte. Deux programmes sont consacrés au documentaire en liberté : des perles extraites de la réalité d'hier et d'aujourd'hui, mélangeant provocation et réflexion. Enfin, les amateurs de cinéma expérimental seront ravis de retrouver Guy Maddin (Workbooks), Mathias Müller et Christoph Girardet (Kristall) ainsi que Bill Morrison (The Highwater Trilogy) au sein d'un seul programme !

La section Temps Ø – cinémas en mutation recueille ovnis, curiosités et orphelins cinématographiques de toutes espèces. Even Kids Started Small de Yaniv Berman est une variation israélienne sur le premier film de Werner Herzog ; Istvan Kantor court-circuite le vidéoclip avec Revolutionary Song ; Apocalypse Oz est un hybride trash d'Apocalypse Now et du Magicien d'Oz d’Ewan Telford ; Dr. Strangehill de Marcel Bächtiger présente un viril docteur des hauteurs, alors qu'Erni d’Edgar Honetschläger nous entraîne à travers Vienne à la suite d'un élégant poulet.

Guy Debord - Norman McLaren - Daniel Schmid - Carlos Saura

Festival du nouveau cinéma a toujours salué l'apport d'artistes tout autant marginaux que populaires. Fidèles à leurs messages et démarches, ils ont été aimés, controversés, reconnus. Cette année, en plus des habituels portraits de cinéastes, nous plaçons sous nos projecteurs le fascinant et essentiel travail du plus célèbre des situationnistes, Guy Debord, et du regretté débonnaire Daniel Schmid. La Cinémathèque, quant à elle, collabore à cette 35e édition en dirigeant toute son attention sur les incontournables créations de Norman McLaren et de Carlos Saura.

Plate-forme d'échanges entre les professionnels et le public du Festival du nouveau cinéma, OPEN SOURCE propose des expositions, des allocutions, des ateliers, des concours, des démonstrations festives et des performances tournées vers les mécanismes de création en médias interactifs et en cinéma.
Pour souligner son 35e anniversaire, le FNC invite le public à investir avec lui le Musée juste pour rire et à s’approprier les effluves de fête lors des divers événements proposés.

Dix jours invitant à la participation, dans l’esprit du partage libre d'idées et d’information !


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