Pour ceux qui ne la connaissent pas, Peaches est une chanteuse, compositrice et performeuse canadienne installée depuis plus de 10 ans à Berlin, où elle devenue une des figures majeures d’une scène artistique joyeusement transgressive. Avec Peaches Does Herself, elle ajoute une facette à son personnage déjà survolté. Accompagnée d’une compagnie de danse et de plusieurs artistes de cabaret, parmi lesquels une strip-teaseuse de 65 ans et un magnifique she-male (androgyne), elle invente rien moins qu’un opéra rock dans lequel transsexualité et hédonisme mènent la danse. Quelque part entre captation d’une performance live et mise en scène foutraque, le film s’appuie sur la scénographie minimaliste et très efficace du spectacle. Alors que Peaches tente de trouver l’amour, on passe ainsi de morceaux chantés à des passages dansés, parfois entrecoupés de scène purement cabaret. Berlin des années folles, Berlin aujourd’hui: le film fait résonner toute une histoire scénique liée aux revendications pour les libertés sexuelles. Peaches Does Herself délivre ainsi une décharge d’énergie sauvage, s’avère souvent hilarant et nous offre in fine un hymne imparable aux éternels marginaux. — Laurence Reymond